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Civilization: 25 ans de bons et loyaux services

Civilization: 25 ans de bons et loyaux services

Si on avait prédit à Sid Meier que son jeu de stratégie visionnaire allait engendrer 5 suites et une ribambelle de jeux dérivés, clones et enfants illégitimes, il ne l'aurait sans doute pas cru. Civilization premier du nom, sorti sur PC DOS en 1991, son jeu le plus personnel, n'était à l'époque pas le projet favori de Microprose, l'entreprise qu'il a co-créée en 1982. Pourtant, 25 ans après, la licence se porte toujours à merveille (plus de 33 millions d’exemplaires vendus) et se prépare à s’étendre avec le sixième épisode de la série, prévu pour octobre prochain.

Naissance d'un mythe

En 1990, Microprose est une société surtout connue pour ses simulateurs de vol. Fondée par un ancien de l'US Air Force, "Wild" Bill Stealey et Sid Meier, la maison d'édition sort avec une régularité métronomique des fleurons du genre comme F-15 Strike Eagle, F-19 Stealth Fighter ou encore Gunship, tout en consacrant l'autre partie de son catalogue à des jeux de stratégie ou les créations plus « personnelles » de Meier, comme Pirates.
Pourtant, 1990 est marquée par la sortie d'un jeu de stratégie et de simulation de gestion économique original et didactique, le fameux Railroad Tycoon, porté par le succès de Sim City et de Populous mais aussi par les jeux de plateau comme 1830 d'Avalon Hill (déjà éditrice d'un Civilization, mais nous y reviendrons).


Sim City de Will Wright, Pirates!, Covert Action et Railroad Tycoon de Sid Meier

Railroad Tycoon va marquer un tournant pour Microprose. Le public se montre réceptif, après un relais médiatique très positif et un bon retour critique. Sid Meier pouvait donc s'atteler (avec une petite équipe) à un autre jeu, au concept plus ambitieux, mais qui allait développer beaucoup d'aspects rencontrés dans Railroad Tycoon.

Baptisé Civilization, le projet devait à la base couvrir des cartes gigantesques et offrir de très nombreuses possibilités de développement au chef d'une tribu, qui devait par tous les moyens étendre son influence sur les continents et assoir sa domination dans un ou plusieurs domaines. Rapidement, et contraint par un calendrier bien rempli ainsi que par des retours de test mitigés, Meier revoit sa première copie et opte pour des cartes plus petites et raccourcit l’arbre technologique qu’il imaginait alors.

Pensé comme un Risk amélioré, Civilization partage son nom avec un jeu de plateau avec qui il n’a finalement pas grand-chose en commun et qui d’ailleurs a déjà été porté sur ordinateur (sous le nom d’Incunabula) en 1984. Meier a donc eu les coudées franches pour sa création, bien qu'il eut à terminer Covert Action entre deux simulateurs et développer ses idées en compagnie de Bruce Shelley, vétéran de la stratégie et déjà ancien employé...d'Avalon Hill. Les deux hommes s'entendirent très bien professionnellement parlant et tous deux se partagèrent chaque partie du jeu (Shelley écrivit notamment toute la Civilopedia, l'encyclopédie intégrée au système), partageant leur conception et leurs envies.

Finalement, Civilization sort en 1991, produit parmi tant d'autres, du moins du point de vue de Stealey. La promotion est minimale et Meier, sorti de Microprose et employé comme contractuel, n'envisage pas encore de suite ni de développer la licence.
Toujours est-il que la presse s'enflamme littéralement à la sortie du jeu et le public suit aussitôt, à tel point que l'engouement suscité obligera l'éditeur à sortir des versions pour d'autres systèmes (à l'origine PC sous DOS), comme l'Atari ST, l'Amiga ou encore la SNes. Vendu à plus de 850 000 exemplaires, le titre allait devenir la référence que l'on sait mais aussi déstabiliser son éditeur, engagé dans le marché de l'arcade, ce qui allait causer sa déchéance quelques années plus tard.

De la suite dans les idées

Il faudra 5 ans pour que sorte la suite officielle de Civilization, cette fois supervisée par Brian Reynolds. Entre temps, Sid Meier lança CivNet, la version multijoueur (cette option manquait au jeu original) et Colonization, une copie revisitée du jeu original qui se focalise sur l'exploration et la micro-gestion.


Civ 1 à 4, Notez les petites améliorations graphiques

Dès le deuxième épisode, Civilization prend du relief avec sa représentation en 3D isométrique et modifie quelques éléments du gameplay, introduit des conseillers en vidéo (avec une pointe d'humour) et corriger quelques défauts.
Il faudra cependant attendre Civilization III pour que le multijoueur soit implémenté, mais la sortie du titre est gâchée par de nombreux bugs et quelques problèmes d'équilibrage. Toutefois, le jeu s’en tire bien et rencontre le succès lui aussi.

C'est avec le quatrième épisode que la série va entrer dans l'ère de la 3D et aussi atteindre le pinacle des jeux de stratégie. Considéré comme le meilleur titre de la saga, Civilization IV allait juste concrétiser les attentes des joueurs, intégrant des notions ambitieuses et comblant les lacunes du troisième opus. Agrémenté de deux extensions (obligatoires) pour prolonger le plaisir du jeu, cet épisode a tellement marqué les esprits qu'à la sortie de Civilization V, le public a été déçu de ne pas retrouver toute sa profondeur, même en ayant troqué les carrés par des hexagones et modifié la gestion des régimes politiques et revu l'arbre des découvertes.

Malgré ces déconvenues mineures, le jeu a su convaincre par sa simplicité et la sortie tout à tour de "Brave New World" et "Gods and Kings", ses deux extensions officielles a permis à la licence de ramener au bercail les brebis égarées, en ajoutant l'espionnage et la religion dans le game system et en améliorant certains aspects.

Spin-off et satellites

Sid Meier a souvent apposé son nom à des jeux intrinsèquement liés de près à Civilization et peu de ses autres créations auront finalement connu le même destin (qui se souvient de Sim Golf ou Ace Patrol?).
Les productions du studio Fireaxis (que Meier a cofondé après l'aventure Microprose) graviteront souvent autour de cette licence phare, quitte à sortir dès 1999 Alpha Centauri, la première incartade spatiale (non qualifiée) de la série. Le jeu est une réussite, à tel point que Civilization: Beyond Earth sorti 16 ans plus tard est considéré comme sa suite spirituelle, ou plutôt une réinterprétation. En revanche, Starships, sorte d'introduction à la série et au genre (le 4X) est accueilli froidement et n'a pas été développé plus avant.

C'est un autre éditeur qui essaiera de capitaliser sur le nom "Civilization", avec moins de succès. En effet Activision et Sid Meier lancent en 1999 Civilization: Call to Power, un titre qui sort de la continuité de la série originale pour apporter de nouveaux éléments (villes sous-marines, nouvelles conditions de victoire). Las, le public s'ennuie un peu et le second épisode, Call to Power II, sort sans l'autorisation d'utiliser la marque, signant la fin de l'incartade de la licence.

Colonization se veut une version plus avancée de Civilization, mais sans l’envergure inhérente à son sujet. Au lieu de bâtir une nation, le joueur devra coloniser une terre inconnue (ou une carte réaliste de l’Amérique du Nord) et déclarer son indépendance avant 1850. Le jeu sortira en 1994 mais fera l'objet d'un remake officiel avec l'extension éponyme de Civilization IV. Une version open-source, FreeCol, permet de découvrir sans bourse délier cette simulation très intéressante.

D'ailleurs, FreeCiv, le dérivé open-source est un excellent clone de Civilization 2 et offre un challenge inédit aux amateurs. Malheureusement, il n'a pas évolué graphiquement et on attend toujours son successeur, plus adapté aux goûts actuels. N'oublions pas non plus les enfants spirituels de Railroad Tycoon qui ont beaucoup en commun avec la série (après tout, ils partagent le même créateur), ainsi que les versions consoles et mobiles (Civilization Revolution) qui ont fleuri ces dernières années.

Mais d'autres univers ont également profité du système Civilization. La série des Master (Master of Orion I, II et III puis la nouvelle version qui vient de sortir) dont l'excellent Master of Magic édités par Microprose à l’époque ont su s'insérer dans des mondes futuristes ou fantaisistes avec brio. Finalement, après beaucoup d'attente, la suite non revendiquée de Master of Magic s'est matérialisée avec Warlock I puis II chez Paradox, avec une excellente utilisation du moteur de Civilization V en prime mais aussi un challenge de taille, même pour les habitués, l'éditeur étant connu des services de police pour la grande difficulté de ses titres.

Et pour clore le chapitre sur les enfants (il)légitimes de Civ, signalons encore la série des Age of Wonders, qui introduit des éléments RPG à la construction d'empire ainsi que les deux Endless (Space et Legend) qui s'éloignent du concept pour mieux le réinventer.
N'oublions pas non plus les RTS créées par les studios Ensemble (fondés par Bruce Shelley)-La série des Age of Empire et Age of Mythology-et de Big Huge Games (fondés par Brian Reynolds) -Rise of Nations et Rise of Legends.

Civilization VI et au-delà

A part le nouveau moteur, Civilization VI ne devrait pas se démarquer de l'épisode précédent (tous DLC inclus) et proposera un gameplay remanié surtout dans ses détails. Ainsi, les villes pourront s'étendre sur plusieurs cases, ce qui implique que leur création devra être mieux préparée. Elles ne pourront d'ailleurs plus se défendre seules et l'édification de remparts sera primordiale.


Le commerce sera développé, ainsi que l'espionnage qui jouera un rôle central pour certaines civilisations, comme la France. Enfin, les leaders adverses seront beaucoup plus imprévisibles voire agressifs, mais devront cacher leur ambition avec plus de ferveur, car les rumeurs circulent vites...

Fidèle à sa réputation, le jeu sortira en version classique et en version Digital Deluxe, sortie qui sera accompagnée si vous précommandez le jeu de bonus divers dont un pack de DLC gratuit, que vous obtiendrez en avant-première pendant les 90 jours qui précéderont sa sortie (Montezuma et la civilisation Aztèque). Pour l'instant, aucune extension n'a été annoncée mais il serait inattendu que 2K ne sorte pas d'ici quelques mois une première extension et des packs de DLC supplémentaires. Pour terminer, sachez qu'une édition collector ultra limitée (20 000 exemplaires dans le monde) est également disponible en précommande et donne accès à divers bonus, ainsi qu'à un set de pièces commémoratives de la saga.

A lire également:

L'histoire de Civilization (I à IV) et interview de Sid Meier

Le site Officiel

Un site en anglais pour les fans de la licence

Et en Français pour les non-anglophones

 

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Commentaire Articles 1 commentaire

  • 52Alexis Le 18/03/17
  • Une grosse grosse remarque, il ne faut pas confondre Civilization, 4X et jeu de stratégie. Civilization est un 4X, le 4X est un sous-genre du jeu de stratégie. La seule relation entre les RTS (STR en français au passage) et Civilization, c'est que ce sont des jeux de stratégie. Donc, il ne faut pas appeler la license des "Endless" d'amplitude, la license des "Master of orions" des fils illégitimes. Civilization n'est que le "call of" des 4X, juste une grande license qui a inventé des concepts vidéo-ludiques comme WarCraft a inventé le STR et SimCity les City Builder.
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