Applis mobiles: Méfiez vous des contrefaçons

Publié le

Vous avez installé sur votre mobile tout neuf toutes les applications phare qui vous ont été recommandées par vos amis. Comme vous aimez ça vous avez aussi installé pas mal de jeux, comme Floupy Bird, War of Clans Saga, NaruCraft ou 202048. Tout cela sans vous soucier des problèmes de copyright ou de légitimité de ces applications mises à disposition sur les marketplace. Ces “copies”, terme à prendre avec des pincettes, sont à priori uniquement dommageables pour les créateurs initiaux. Sauf que les cas extrêmes dépassent le cadre du simple détournement d’artworks…

Copyright toi-même

Qui de l’oeuf ou la poule est apparu en premier? Qui le premier a copié l’autre? En terme de logiciels, la “copie” n’existe pas vraiment, puisque ce sont les brevets déposés, les codes, certaines ressources graphiques et autres qui sont protégés et pas le concept. Idem pour les jeux vidéo qui ne font finalement pas autre chose que recycler les mêmes idées. Pourtant, une certaine limite, a été franchie ces dernières années avec l’avénement des marketplace pour smartphones. L’immense popularité des applications sur iPhone puis Android ont permi de créer un véritable écosystème, rapidement envahi par les profiteurs et développeurs peu inspirés.

Pourtant, il faut reconnaître que cette dynamique “Tu crées/ Je copie” a permi de démocratiser les plateformes mobiles et ont redynamisé le marché, notamment auprès des nostalgiques, puisqu’après tout, un bon concept est éternel. Malheureusement, les dérives sont de la partie et certains éditeurs puisent sans vergogne chez leurs voisins pour monter une application rapidement et espérer profiter de la popularité de certains titres.

Dans cette image se cache le jeu qui a inspiré Flappy Bird. Sauras-tu le retrouver?

Vous vous rappelez tous de Flappy Bird? Ce petit oiseau suicidaire a été l’application la plus téléchargée, avant d’être retirée. Le résultat a été immédiat, des centaines de copies sont apparues du jour au lendemain, parfois très éloignées graphiquement, parfois à peine déguisées…Alors que le jeu est lui même une copie. Le “clonage” est une pratique très courante, qui finalement touche toutes les catégories et reste tolérée, jusqu’à ce qu’un service juridique se réveille et vienne mettre fin aux abus.

Les copies cartonnent

Vous voulez des exemples récents? C’est simple, les applications les plus téléchargées trouvent souvent leur inspiration chez les plus grands et se font remarquer en utilisant des design proches, parfois quasi-identiques, pour berner le client. On se souvient de Criminal Case, qui vient d’arriver sur Android, alors qu’il était cantonné à Facebook depuis son lancement. Eh bien il aura généré pas mal de clones successifs, tous appelés du même nom, avant que la fête se termine et qu’une bonne partie de ces jeux disparaisse ou change de patronyme.

Cahier des charges: Pomper!

Autre cas de figure, Heroes & Warlord caracole en haut des charts de téléchargement et affiche des graphismes très fortement inspirés par World of Warcraft ou HearthStone, deux jeux Blizzard très populaires. De là à affirmer que les raisons du succès proviennent d’une méprise…Ce n’est toutefois pas un cas isolé puisque Clash of Clans possède son lot de copies, jusqu’à X-War, Clash of Zombies, qui puise dans la culture populaire le design de ses protagonistes ( Les Avengers, Wall-E ou DragonBall…), à la limite du pillage.

Heroes & Warlord, à peu près tous les persos sont inspirés de Wow

Le jeu n’est pas le seul concerné. Si l’on observe bien les autres catégories, il n’est pas rare de trouver des logos très similaires pour des produits classés ensemble. Il faut dire que les logotypes font maintenant partie d’une sorte de patrimoine commun et implicite, dont il est difficile de s’extraire. Pourtant, quelques éditeurs jouent sur cette ambiguité et affichent des illustrations qui peuvent prêter à confusion. Et pourquoi pas recycler les anciens logos de certaines marques tant qu’à faire, puisque personne ne s’en sert…

Boucliers, radar, anciens logos recyclés…

Du manque nait le Shanzai

En Asie, et plus particulièrement en Chine, il est très difficile de lutter contre la copie, élevée au rang de culture (le Shanzai). Même les avocats de Disney perdent une partie de leur pouvoir là-bas, c’est dire! Il est extrêmement facile de trouver des rip-offs, en dehors des marketplace habituelles et parfois même trouver des programmes qui exploitent une licence sans autorisation. Nous avons trouvé par exemple un très ressemblant “Pokemon 3D” (Koudaiyaoguai3D) pour Android, bafouant toutes les lois anti-plagiat en vigueur mais très populaire car répondant à un manque: Nintendo et The Pokemon Company ayant pour le moment délaissé les plateformes mobiles pour sortir des jeux issus de la licence (Nintendo devrait lancer prochainement des adaptations de ses licences à succès grâce à un éditeur tiers).

0% de royalties pour Nintendo, 100% de risques pour l’utilisateur

Bien entendu, l’utilisateur qui installe ces applications s’expose aussi à divers risques: Il pourra se poser la question de la légitimité de l’application en l’installant ou en se posant les bonnes questions. Dans le cas de Pokemon 3D, nous trouvons sur le web des apk, sans savoir si elles ont été modifiées, ou même connaîter leur contenu puisque les sites où ils sont diffusés sont tous en chinois. Il n’est donc pas étonnant que les bulletins de sécurité consacrées aux applications évoquent souvent des contrefaçons frauduleuses (des lecteurs Flash entre autres ) et des fonctionnalités cachées au sein des logiciels pourtant de marque connue…ou presque.

 

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Comment (1)

  • Sharcoux Répondre

    Je trouve que l’article mélange un peu tout. Les jeux s’inspirent les uns des autres depuis l’origine, et c’est tant mieux ! Sinon on n’aurait qu’ un seul éditeur de RPG, un seul éditeur de FPS, un seul éditeur de simulation de F1… Triste à mourir ! Heureusement, la loi ne protège que le code source et les personnages et pas la mécanique du jeu. La réalisation et pas l’idée.

    Après, la contrefaçon a toujours existé et a toujours été punie. Télécharger une copie illégale de Pokemon est aussi dangereux que d’acheter un t-shirt Pokemon pirate. Mais les stores d’appli sont justement là pour contrôler ce qui circule. L’utilisateur qui sort de ce sentier le fait à ses risques et périls…

    29 avril 2015 à 0 h 14 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres articles sur le même sujet