Cybersécurité : l’enjeu de l’élection présidentielle 2017 ?

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A l’heure où les ransomwares sèment le chaos sur la toile, les hackers détournent d’une main de maître les données les plus sensibles, et les terroristes utilisent les réseaux sociaux pour mener leur campagne de propagande, le bilan est clair : la cybersécurité est et sera un enjeu majeur du prochain quinquennat. Le futur président de la République devra en effet prendre ces mutatons en compte pour tenter de protéger au mieux ses concitoyens en déjouant les nouvelles menaces du net.

Contraindre les messageries instantanées à collaborer

Pour Emmanuel Macron, représentant du mouvement politique En marche, il ne faut pas faire dans la demi-mesure. En effet, lors d’une conférence de presse tenue le 10 avril dernier, le candidat à la présidentielle a accusé les « grandes compagnies d’Internet » de laisser les organisations terroristes «abuse[r] des facilités offertes par la cryptologie moderne», en «refus[ant] de communiquer leurs clés de chiffrement ou de donner accès au contenu»(Source). Ainsi, si ce dernier est élu président de la République il entend pousser au niveau européen «un système de réquisitions légales [des] services cryptés», comparable à celui qui existe pour les opérateurs de télécommunications. Néanmoins, si ce projet n’est pas nouveau, puisqu’il est déjà dans les tuyaux de la Commission, il n’est pas faisable en l’état. Pourquoi ? Tout simplement parce que les clés de chiffrement ou de déchiffrement du système de cryptographie dit de « bout en bout » utilisé par la plupart des messageries instantanées comme WhatsApp, iMessage ou Telegram, sont accessibles uniquement aux utilisateurs et non aux fournisseurs de ce service. Une limite à laquelle il faudra apporter une solution.

Un sujet « délicat » pour la candidate d’extrême droite

Pour Marine Le Pen, représentante du Front National et candidate à la présidentielle, la cybersécurité est un « sujet délicat » qui doit être traité en dehors de l’Europe. Ainsi, le 28 mars 2017, elle déclarait dans une interview adressée au magazine Sciences et Avenir vouloir mettre en place un « programme français sur la cybersécurité, en coopérant bien sûr avec les pays alliés de la France, mais en assurant avant tout une protection réelle et aussi sûre que possible des données des administrations, des entreprises et des particuliers français ». Par ailleurs, Marine Le Pen veut, selon ses dires rapportés dans le journal Le Monde, « renforcer la lutte contre le cyberdjihadisme et la pédocriminalité », sans en préciser les modalités. La candidate d’extrême droite souhaite aussi « simplifier les procédures visant à faire reconnaître la diffamation ou l’injure ».

En ce sens, si le débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, diffusé ce soir, sera l’occasion pour les candidats à la présidentielle de convaincre les citoyens de voter pour eux lors du 2nd tour le 7 mai prochain, il sera aussi le moyen d’en savoir davantage sur leurs intentions vis-à-vis de la cybersécurité, qui quoi qu’il en soit reste une priorité sous-estimée.

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