Des comptes Facebook venus d’Iran et de Russie supprimés pour campagnes d’influence

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Hier sur la toile, rien de bien neuf : des influenceurs qui influencent, et les réseaux sociaux qui essaient de détecter ceux qui cherchent à interférer dans des campagnes politiques depuis l’étranger.

Cette fois-ci, c’est la Russie, mais aussi l’Iran qui abriteraient plus de 600 comptes responsables de plusieurs campagnes d’influence, aux Etats-Unis notamment.

Un comportement “inauthentique”

Hier, Facebook publiait un article sur son blog, pour annoncer publiquement que ses équipes avaient supprimé 652 comptes, groupes et pages, pour “comportement inauthentique coordonné sur Facebook et Instagram (qui appartient aussi à Facebook, comme WhatsApp). 

Ces comptes étaient les canaux de diffusion de quatre campagnes d’influences distinctes provenant d’Iran ou de Russie. Si Facebook n’a pas détecté de liens entre elles, le réseau social précise que ces comptes ont utilisé le même mode opératoire pour toucher les abonnés : mentir sur leur identité et sur leur action pour arriver à leur fin. 

Nous voulons que les gens puissent faire confiance aux connexions qu’ils font sur Facebook”, affirme la plateforme. C’est l’entreprise de cybersécurité FireEye qui a donné l’alerte à Facebook concernant le réseau de pages Facebook “Liberty Front Press”, ainsi que d’autres comptes.

En tout, 155 000 comptes d’abonnés Facebook on suivi au moins une des pages supprimées, 2300 comptes comptes ont rejoint un des groupes Facebook, et ce chiffre passe à 48 000 pour Instagram. 

Un réseau en place depuis 2011

Facebook a mené à son tour sa propre enquête, et a découvert que ce réseau était relié aux médias d’Etat iraniens, notamment Press TV, une chaîne d’info affiliée aux médias iraniens. Les premiers comptes ont été créés en 2013, et traitaient principalement de politiques au Moyen-Orient, au Royaume-Unis, aux Etats-Unis et en Amérique latine. 

Un ensemble de pages a été créé en 2016. Se présentant généralement comme des organes de presse, sans révéler leur identité, les administrateurs de ces pages ont participé à des attaques de cybersécurité, notamment pour pirater d’autres comptes.

Une autre série de comptes et de pages date de 2011, traitant principalement du Moyen-Orient en langues arabe et farsi, ou en anglais pour parler du Royaume-Uni et des Etats-Unis.  

La campagne russe, quant à elle, a concerné la politique syrienne et ukrainienne, mais Facebook ne précise pas quel pays a été ciblé. 

Démanteler ces réseaux 

Entre 2018 et aujourd’hui, Liberty Front Press aurait dépensé plus de 6 000 dollars sur les deux plateformes, et organisé trois événements. Facebook avait commencé à travaillé sur certains de ces comptes et de ces pages avant que FireEye ne le contacte. 

Facebook n’a donc pas immédiatement supprimé ces comptes, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’elle a travaillé plusieurs mois sur certains. L’entreprise explique préférer faire des recherches au préalable, de manière à pouvoir démanteler le réseau dans son entièreté.

Bien que nous fassions des progrès pour éliminer ces abus, précise Facebook, c’est un défi permanent parce que les personnes responsables sont déterminées et bien financées. Nous devons constamment nous améliorer pour rester en tête. […] Si nous les supprimons trop tôt, il est plus difficile de comprendre leur playbook et l’étendue de leur réseau. Cela limite également notre capacité à nous coordonner avec les forces de l’ordre, qui ont souvent leurs propres enquêtes.”. 

Le démantèlement de ces réseaux est un vrai enjeu d’actualité auquel se confronte Facebook, mais aussi d’autres plateformes d’influence, comme Youtube ou Twitter, qui a été prévenu et a également suspendu 284 comptes de son site, liés à Liberty Front Press.

Facebook a d’ailleurs ajouté un article dans son blog pour expliquer dans le détail la manière dont elle agit, ayant pris le parti du temps long.

Avant de supprimer les comptes détectés, les équipes de la plateforme préfèrent travailler avec d’autres sociétés et avec les autorités de manière à mettre en commun leurs technologies et les résultats de leurs enquête pour faire tomber plus durablement les réseaux.

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