Elite Dangerous: Appontage tumultueux

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1984. L’année du Jump de Van Halen, voit naitre le premier Mac d’Apple, Katy Perry, Alizée et Mark Zukerberg. Et sur ordinateur BBC, l’éditeur Acornsoft publie Elite, un jeu créé par David Braben et Ian Bell, qui allait marquer son époque et rendre accro des milliers de personnes à l’exploration spatiale, symbolisée par des points et des formes en fil de fer. 30 ans plus tard, Elite revient par l’intermédiaire d’une campagne Kickstarter d’envergure et la promesse de nous faire participer à une aventure exceptionnelle au fin fond du cosmos. Promesse tenue?

Elite: Rencontre du 3ème type

 Tout commence dans un hangar…

N’y allons pas par quatre chemins: Entre la promesse de départ et le résultat final, il existe encore un fossé de la taille du Grand Canyon. C’est un peu le problème avec les jeux lancés par financement participatif: Si le financement est validé, rares sont les productions qui arrivent à bien prévoir les temps de développement et qui restent fidèles à leur audience. Le concurrent direct d’ED, Star Citizen, de Chris Roberts, sortira vraisemblablement très en retard, comme les Godus, Pillars of Eternity ou Shroud of the Avatar.

Cependant, si la profondeur du Grand Canyon peut effrayer ceux qui ont le vertige, d’autres seront époustouflés par le décor, quitte à en oublier qu’ils sont face au vide. C’est un peu ce qui se passe avec Elite: Dangerous, qui impressionne par sa représentation des systèmes stellaires proprement magnifique. Géantes gazeuses, planètes habitées, ceintures d’astéroïdes ou lunes satellites, l’immensité du vide est constellée d’éléments qui vous feront vous extasier. C’est bien simple, on se prend à naviguer de stations en stations rien que pour pouvoir admirer les paysages spatiaux, observer les éruptions solaires ou slalomer entre les débris rocheux.

Question modélisation, les vaisseaux comme les stations orbitales regorgent de détails, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, panneaux publicitaires compris. Il sera possible à l’avenir de s’y balader, du moins c’est ce qu’ont indiqué les développeurs dans les Q&A de la page Kickstarter. Ceci, comme la possibilité d’atterrir sur les planètes ou de visiter son vaisseau, n’ont pas encore été intégrés dans la version 1.0 sortie en décembre et ne devraient pas voir le jour avant longtemps (voire jamais?). Mais dans l’état actuel, ceux qui disposent d’un grand écran et d’une installation immersive en prennent plein les mirettes, mais uniquement en mode voyage.

Phase d’approche

Dans l’espace, personne ne vous entendra

On aura beau hurler des “Y’a quelqu’un?” à la lune, ou tenter d’entrer en communication avec les PNJ qui passent par les couloirs spatiaux classiques, l’immensité du cosmos peut vite déstabiliser le plus agoraphobe et laisser perplexe quant à la dynamique du gameplay. Celui-ci se déroule en plusieurs phases, même si l’une des sources de plaisir du jeu reste la liberté inconditionnelle du pilote. Vous aurez invariablement la même routine à effectuer pour espérer améliorer votre statut, que vous visiez la domination combative, marchande ou exploratrice, pour finalement atteindre le rang d’Elite, la plus haute distinction que vous puissiez obtenir.

La séquence type se déroule ainsi: Décollage d’une station, voyage vers une destination choisie, arrêt pour remplir une tache, puis atterrissage sur une autre station ou la même, vous êtes libre on a dit). Les tâches en question sont limitées, mais pas exemptes de risques: Récupération de containers perdus, attaque de vaisseaux qu’ils soient recherchés ou non, prospection minière ou exploration pure et dure, vous pouvez à tout moment vous faire “interdire”, c’est à dire intercepter par des pirates ou chasseurs de prime, ou tomber à court de carburant à force d’effectuer des sauts sans arrêts techniques. Approcher trop près des étoiles peut provoquer une surchauffe, qui éventuellement mettra en péril l’intégrité du vaisseau, sauf si l’on utilise à temps le dissipateur thermique optionnel ou si l’on s’éloigne.

Une station Coriolis

Mais ces risques encourus sont très rarement mortels. D’ailleurs, on ne meurt jamais dans Elite : Dangerous, au pire on finit éjecté dans une capsule de survie, revenant à la dernière station visitée. Seul problème, on se retrouve nu comme un ver, dépouillé de son vaisseau et endetté, à moins bien sûr de s’être constitué une flottille de secours.

Ces tâches peuvent être accomplies de son propre chef, mais il est plus intéressant de les effectuer dans le cadre des missions proposées sur le tableau d’affichage de chaque station. Ces missions varient selon l’obédience du joueur, de la capacité de son cargo, du coefficient de confiance accordé par la faction dominante dans le secteur et les besoin en ressources. Un bon moyen de se faire un petit capital de départ est d’aller récupérer des containers à la dérive dans le vide intersidéral, quitte à passer au crible les systèmes visés, ce qui peut prendre du temps. Les missions Fedex sont souvent moins rémunératrices mais plus rapides, et parfois permettent de réaliser de belles plus-values si elles sont couplées avec une vente de produits au marché. Enfin, il est possible de devenir chasseur de prime ou d’aider les autorités en arrêtant les fugitifs ou en interceptant les pirates ou les contrebandiers. Bien sûr, il n’est pas dit que la cible se laisse faire…

Changer de vaisseau? Pourquoi pas?

L’astrophysique pour les nuls

Vous êtes un redoutable combattant spatial? Attendez un peu de vous mesurer aux pilotes d’élite qui parcourent l’univers. Car si les adversaires humains ou non sont souvent présents autour des stations, de féroces batailles vous attendent lorsque vous serez isolés de tous. Et que vous soyez l’agent provocateur ou la cible, un combat engagé peut vite tourner à la catastrophe si le vaisseau est mal équipé ou si la maniabilité n’est pas maitrisée à 100%. Il faudra passer par les simulateurs pour se faire une idée de l’intensité des affrontements, surtout contre plusieurs ennemis. Au début du jeu, il est même conseillé d’éviter tout affrontement, voire de revendre ses lasers de base, à peine plus puissants que les clignotants d’une Clio, pour pouvoir gagner en vitesse et s’extirper plus vites des situations dangereuses. En revanche, les pilotes émérites et bien équipés ne feront qu’une bouchée des adversaires à leur niveau, même s’il faudra y consacrer un peu de temps.

La maniabilité du vaisseau est un facteur important: D’ailleurs chacun des engins possède son propre degré de maniabilité qui est en relation avec la taille de la coque et le nombre de modules. Entre les chasseurs ultra-rapides et les cargos d’une capacité de plusieurs centaines de tonnes, le combat ne s’envisagera pas de la même manière. D’ailleurs les navires marchands devront éviter tout conflit, à moins de compter sur la puissance de leur bouclier et de foncer sur leur cible…Les armes elles se divisent en plusieurs catégories et modes de visée: Lasers et canons fixes ou mobiles, missiles guidés…la puissance à un coût à la fois en crédit et en énergie.

Il faudra donc passer par la case équipement pour se doter d’un vaisseau digne de ce nom. Pour l’instant au nombre de 15, les Sidewinder, Cobra MkIII, Asp ou Eagle devraient être rejoints par d’autres types de monture, plus ou moins adaptés aux métiers des joueurs. En début d’aventure, il faudra toutefois se contenter du Sidewinder polyvalent mais archaïque, loué et sans équipement avancé, mais qui suffira à mener à bien les premières missions.

Une étoile est née…

Ne vous attendez pas à manœuvrer votre engin comme un chef dès la main posée sur la manette des gaz: Elite: Dangerous est très difficile à prendre en main, surtout au clavier/souris. L’utilisation d’un pad ou d’un Hotas est fortement recommandé, comme l’utilisation de la reconnaissance vocale pour lancer certaines commandes. Les premiers appontages seront chaotiques voire désastreux, le premier combat décourageant et les phases d’hyperdrive et d’approche des systèmes calamiteuses. Mais cette phase noobesque ne dure que quelques parties, puisque rapidement on se prend à effectuer tout cela les yeux fermés, en sifflotant ou en mangeant des spaghettis bolo sans s’en mettre plein la chemise. La phase d’apprentissage concerne aussi les autres parties du jeu, comme le commerce, l’exploration ou l’utilisation des modules.

 

La carte galactique par exemple, demande que l’on s’y attarde avant de révéler tout son potentiel. Si les premiers instants sont consacrés à l’émerveillement de la représentation du cosmos visible, on s’attarde par la suite sur les routes de navigation et la représentation des routes commerciales. Chaque faction (Empire, Alliance, Federation) influe sur la teneur du commerce et sur les produits autorisés, mais aussi sur les prix. Les systèmes politiques eux influent sur la permissivité de l’activité dans un système, notamment sur le marché noir. Un système de réputation vous permettra d’accéder à certaines missions et d’influer sur la vie d’un système, bien que les changements soient minimes en regard de l’immensité de l’univers visible.

La liberté à un prix

Elite: Dangerous offre une expérience de jeu unique, que certains déplorent. En effet, il est très difficile de ne pas trouver le jeu ennuyeux ou répétitif si l’on ne s’intéresse pas aux missions ou à l’exploration. L’ajout de contenu, progressif, devrait régler ces problèmes mais il est dommage que les développeurs n’aient pas pu livrer un produit plus abouti et novateur à temps pour la sortie officielle. Mais les plus persévérants ont entre leur main une véritable merveille en terme d’exploration et de liberté, persévérance qui va s’avérer payante avec les futures missions, les nouveaux vaisseaux, le custom approfondi, les events et les survols de planètes. Mais s’il faut encore attendre un an avant d’arriver là, vous aurez toutes les bonnes raisons pour aller voir du côté de Star Citizen ou No Man’s Sky.

La fiche de Elite: Dangerous

Pour bien débuter dans Elite: Dangerous…

Si la prise en main est difficile (rien que la configuration des commandes prend jusqu’à une heure de peaufinage), le joueur n’est pas aidé une seule seconde lorsqu’il s’agit d’aborder le jeu dans son ensemble. Si les missions tutorielles permettent de prendre en main le vaisseau, rien n’explique comment remplir les missions, où commercer et pourquoi le module de découverte intéresse les stations. Si un manuel du jeu est téléchargeable, il ne contient pas d’astuces pour vraiment profiter de Elite: Dangerous dès les basiques de navigation assimilés.

-Essayez différents contrôleurs. ED est un jeu qui a été pensé pour être joué au Hotas, simulant le manche à balai et la manette des gaz des engins volants. Si l’achat d’un tel périphérique vous rebute, vous pouvez toujours essayer le gamepad traditionnel, qui fonctionne très bien mais qui nécessite de connaître toutes les combinaisons de touche. Au clavier/souris, vous allez avoir les pires difficultés pour contrôler votre vaisseau en vol, à moins de configurer aux petits oignons la sensibilité et les réglages mais ne vous faites pas d’illusion, vous n’aurez pas la même dextérité que vos adversaires…

-Utilisez la carte de la galaxie. Cette carte concentre absolument tout ce qu’il faut connaître sur les systèmes autour desquels vous vous trouvez, depuis l’obédience jusqu’aux routes d’import/export. Lorsque vous les visualisez, n’oubliez pas de modifier les filtres pour voir les produits qui sont demandés ou expédiés et ainsi remplir vos soutes avec des cargaisons recherchées. Evitez de revendre à perte et si la morale n’est pas votre fort, notez les planètes qui vendent des denrées rares comme les esclaves, souvent revendues à prix d’or et qui font l’objet de mission ponctuelles.

-Apprenez à aborder une destination. Lorsque le Frame Shift Drive est enclenché, votre vitesse de vol est telle que vous parcourez des années-lumière en quelques minutes. Lorsque vous fixez une cible, pour aborder une source inconnue ou pour rejoindre une station, essayez de conserver une vitesse constante et décélérez progressivement, afin que le temps qui vous sépare de votre but reste entre 5s et 11s. Dès que vous entrez dans la périphérie de la cible, vous pourrez stopper le FSD mais si vous allez trop vite, vous devrez faire marche arrière.

-Jouez avec la physique: Usez et abusez de la répartition de l’énergie dans les moteurs, le système ou les armes, surtout lorsque vous manoeuvrez. Pour faire demi-tour ou prendre un virage serré, vous aurez tout intérêt à ralentir très fortement avant de remettre les gaz lorsque vous êtes bien positionné. N’oubliez pas que vous pouvez aussi désactiver l’aide de vol, qui contrebalance vos actions pour stabiliser le vaisseau. Votre vitesse de pointe sera accrue et vous pourrez plus facilement surprendre vos adversaires en passant derrière eux.

-Ne perdez pas votre temps avec les missions qui ne rapportent rien. Oubliez les missions type “ramener du thé” et passez directement aux quêtes de recherche de containers perdus. Le vaisseau de départ ne contient de toute façon pas suffisamment d’espace de cargo pour que vous puissiez gagner des crédits avec le commerce uniquement. Si la morale n’est pas un frein, effectuez les missions concernant les esclaves, celles-ci apparaissent régulièrement, même aux stations de systèmes qui en vendent.

-Devenez chasseur de prime auxiliaire. Lorsque vous tombez sur des forces de l’ordre qui attaquent un fugitif, aidez-les! Quelques tirs bien sentis au bon moment et vous pourrez donner le coup de grâce à leur cible et empocher une prime substantielle. De toute façon, si vous les aidez, ils vous récompensent en crédits, c’est toujours ça de pris!

-Revendez vos données d’exploration. Une fois apponté au spaceport, allez dans la cartographie universelle et vendez vos données acquises. Cela vous rapportera quelques centaines de crédits, voire beaucoup plus, au fur et à mesure que vous découvrez de nouveaux éléments astraux.

-N’engagez pas le combat avant de changer de vaisseau et d’armes. Pour obtenir un engin qui peut résister aux attaques ennemies, il faut à la fois investir dans un vaisseau, mais aussi dans l’équipement (moteur, bouclier, blindage…) et l’armement. Les lasers de base sont largement insuffisants, à moins de vous attaquer à des proies sans défense, mais dans ce cas vous risquez de vous faire atomiser lors d’une interdiction.

 

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