Facebook a laissé Netflix et Spotify lire vos messages privés

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Une nouvelle affaire vient ternir un peu plus l’image de Facebook pour qui l’année 2018 est loin d’être fameuse. En effet, des médias ont mis la main sur des documents internes qui décrivent des partenariats du réseau social avec des entreprises comme Apple, Amazon, Microsoft, Spotify ou Netflix. Ces documents expliquent également que ces partenaires pouvaient accéder à certaines données utilisateurs bien après qu’elles aient été supprimées.

Ce sont les journalistes Gabriel J.X. Dance, Michael LaForgia et Nicholas Confessore qui ont analysé les documents et qui se sont également entretenus avec une cinquantaine d’anciens employés de chez Facebook et des entreprises partenaires.

Au total, environ 150 entreprises auraient profité d’un accès privilégié aux données des utilisateurs, parfois pendant plusieurs années. Les documents font état de partenariats lancés en 2010 et certains étaient toujours actifs en 2017.

Parmi les traitements de faveurs accordés, les journalistes ont détaillé ceux qui concernaient des entreprises comme Apple, Amazon, Spotify ou encore Netflix. Par exemple, Apple aurait eu accès aux contacts et aux calendriers Facebook des utilisateurs même si ceux-ci avaient désactivé le partage de données. Amazon, quant à elle, pouvait accéder aux noms et aux coordonnées des utilisateurs. Enfin, Netflix et Spotify pouvaient lire les messages privés des utilisateurs de Facebook.

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Facebook et les différents types de partenariats

Un article paru dans The Times classe les accès donnés par Facebook dans plusieurs types de partenariats. Tout d’abord, il y a ceux que Facebook a conclu avec les constructeurs de téléphone. Par exemple, l’application du réseau social intégré aux BlackBerry impliquait un partage de données conséquentes avec le reste du système d’exploitation et donc avec BlackBerry.

Le second type de partenariat est appelé « personnalisation instantanée ». Lancée par Facebook en 2010, il permettait à tous les partenaires du réseau social de piocher dans toutes les données que Facebook collectait pour ensuite les utiliser dans ses services tiers. L’article de The Times illustre cela avec l’application Yelp qui pouvait signaler aux utilisateurs lesquels de leurs amis Facebook s’étaient déjà rendus dans différents lieux. Le réseau social a annoncé avoir mis fin à la personnalisation instantanée en 2014, mais le moteur de recherche Bing aurait eu accès aux données jusqu’en 2017.

Enfin, les autres partenariats sont ceux que Facebook faisait ponctuellement avec d’autres entreprises. Ainsi, Spotify a, par exemple, eu accès aux messages privés des utilisateurs en utilisant l’API que Facebook avait créé lorsqu’elle développait le service Messenger.

Facebook pourra-t-elle regagner la confiance des utilisateurs ?

Suite à l’article de The Times, Facebook a répondu que des efforts devaient encore être faits pour regagner la confiance des utilisateurs malgré que le réseau social voit des avantages dans le partage des données, notamment pour personnaliser l’expérience utilisateur : « Les partenaires de Facebook n’ignorent pas les paramètres de confidentialité des gens et il est faux de suggérer qu’ils les ignorent. Au fil des ans, nous avons établi des partenariats avec d’autres entreprises pour que les gens puissent utiliser Facebook sur des appareils et des plateformes que nous ne prenons pas en charge nous-mêmes. » explique Steve Satterfield, directeur de la protection de la vie privée chez Facebook dans un courriel envoyé au média.

Netflix

De son côté, Netflix a contacté The Verge pour démentir avoir eu accès aux messages privés : « Au fil du temps, nous avons essayé de rendre Netflix plus social. Par exemple, nous avons lancé en 2014 une fonction qui permettait aux membres de recommander des émissions de télévision et des films à leurs amis Facebook via Messenger. Le service n’a jamais été populaire et nous l’avons stoppé en 2015. A aucun moment, nous n’avons eu accès aux messages privés des gens sur Facebook et nous n’avons pas demandé à y avoir accès ».

Il est clair que les fuites de données deviennent monnaie courante pour le réseau social de Mark Zuckerberg. Plus que jamais, il faut être très prudent avec les données que l’on partage sur Facebook. Ou alors, mieux encore, il vaut peut-être ne pas s’y inscrire.

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