Facebook va interdire les vidéos deepfakes

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Longtemps ignorées par Facebook malgré leur recrudescence, les vidéos de fake news (y compris deepfakes) seront désormais interdites sur le réseau social. L’entreprise a annoncé aujourd’hui même la création d’un gigantesque challenge pour remédier à ces montages qui trompent facilement une bonne partie des utilisateurs.

Hilary Clinton en plein discours humoristique, Sylvester Stallone en Terminator… Au cours de votre navigation sur le web, il est probable que vous soyez tombé sur l’une de ces vidéos dites “deepfakes”. En véritable recrudescence depuis plusieurs mois, ces montages consistent à remplacer le visage d’une personne par une autre pour lui faire réaliser une action ou un discours. Ces dernières sont potentiellement dangereuses puisque très souvent convaincantes.

“Lutter contre les médias de manipulation”

Malgré la potentielle dangerosité de telles vidéos, l’entreprise Facebook n’a jamais réellement su se positionner à ce sujet. C’était du moins le cas jusqu’à aujourd’hui.

Dans un post de blog intitulé “Application envers les médias de manipulation”, l’entreprise Facebook indique vouloir désormais bannir les vidéos et autres posts de deepfakes. Facebook indique plus précisément : “A l’avenir, nous retirerons les médias ayant été édités d’une façon à distiller le doute chez un utilisateur moyen et qui pourrait tromper ce dernier sur une façon de penser ou un sujet qui n’était pas prononcé dans la vidéo originale.”

Exemple de deepfake avec cette vidéo de “CTRL Shift Face” qui remplace Jack Nicholson par Jim Carrey.

Le même post indique également que l’entreprise supprimera “toute vidéo basée sur une intelligence artificielle ou machine intelligente qui remplacerait ou superposerait du contenu sur une autre vidéo afin de la rendre authentique, lorsqu’elle ne l’est pas.”

L’entreprise tend cependant à rassurer ses utilisateurs : ces nouvelles restrictions ne s’appliqueront pas aux contenus jugés satiriques ou parodiques.

Afin de lutter efficacement contre les deepfakes, l’entreprise annonce un partenariat avec l’agence de presse Reuters. Cette alliance permettra d’identifier plus rapidement les vidéos et autres médias concernés et susceptibles d’être supprimés.

Une décision politique

De nombreuses personnes ont exprimé leur surprise face à ce revirement de la part de Facebook. Jusqu’ici, l’entreprise laissait “presque” librement de nombreuses vidéos et montages deepfakes sur son site, quand bien même ces derniers étaient directement supprimés d’autres plateformes comme YouTube.

Le cas le plus probant a eu lieu en mai 2019, lorsqu’une vidéo deepfakes affichait Nancy Pelosi, femme politique démocrate, s’exprimant d’une façon étrange. Largement modifié, le métrage (toujours disponible sur le réseau social), ralentissait le discours de l’américaine afin de faire croire qu’elle était sous substances illicites (ou manquait de sommeil, au choix).

Interrogée à ce sujet, Monika Bickert, responsable des politiques de produits chez Facebook, avait indiqué que la vidéo resterait en ligne, mais qu’un petit bandeau préviendrait les utilisateurs désireux de la partager sur son authenticité. Une décision vivement critiquée par de nombreux spécialistes et autres médias.

Cette décision fait aussi sens à l’approche des élections américaines de 2020. L’entreprise ayant toujours déclaré ne pas vouloir influencer ses utilisateurs à ce sujet.

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