Hatoful Boyfriend: Un jeu pour pigeons

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Si on m’avait dit un jour que je jouerai à un dating sim avec des pigeons comme protagonistes, j’aurai très certainement questionné la santé mentale de mon interlocuteur. C’était bien entendu sans compter sur le facteur japonais, le pays où tout est possible, surtout en matière de jeux vidéo. Et si Hatoful Boyfriend a tout le potentiel d’une blague qui se prend au sérieux, il possède suffisamment de matière pour satisfaire les fans des jeux de drague plus traditionnels…

Do not feed les pigeons

Si vous ne connaissez absolument les jeux de drague japonais, sachez qu’il s’agit de romans à l’eau de rose interactifs, où le personnage principal (généralement étudiant(e)) a pour mission de se trouver un compagnon, à choisir parmi un cheptel stéréotypé (le sportif, le beau gosse, l’intello, la star, le timide, l’artiste…) pour combler un vide existentiel. Hatoful Boyfriend ne déroge pas à la règle et vous place dans un uniforme de lycéenne, seule humaine présente dans une école réservée…aux pigeons. Eh oui, le postulat de départ tient tout d’une blague de pochtron qui s’est matérialisée sur un pari stupide. Et pourtant on ne peut qu’admirer l’investissement d’Hato Moa, le seul designer derrière le jeu, qui s’est fait un malin plaisir à imaginer une trame surréaliste mais complétement assumée de bout en bout.

Le pigeon photo réaliste Yuuya

Ainsi, notre héroïne est une chasseuse-cueilleuse, qui vit dans une grotte (avec sonnette à l’entrée) et qui lors de ses voyages, parcourt une ville dévastée…sans aucune autre explication ou justification scénaristique. Mieux (ou pire) encore, le jeu débute par une longue phase de présentation des protagonistes, la plupart étant des pigeons (des scans de photos) avec une personnalité humaine bien définie. Mention spéciale pour celui qui déteste les crèmes desserts et qui les affronte comme dans un Pokemon (!!!). Sachez que si vous trouvez cela trop déstabilisant, une option permet d’afficher les portraits humains de chaque protagoniste.

Moi aussi…

Le jeu, lui, se déroule très classiquement: Après la longue phase d’introduction, vous serez amené à faire des choix cornéliens pour influer sur l’histoire et terminer le jeu avec le partenaire de votre choix. Un système de stats vous indique la direction que vous prenez (forme physique, charisme, intelligence…) mais sert surtout d’indicateur. En effet, le gameplay se résume à une suite de QCM qui va améliorer d’une des trois caractéristiques. Pas très passionnant, sauf pour les plus curieux qui souhaitent découvrir tous les mystérieux secrets des protagonistes et surtout toutes les fins différentes.

Question rejouabilité, comme chaque partie dure une heure environ, il est facile de faire le tour et de prendre des chemins différents. Heureusement, un bouton “Avance-Rapide” permet de zapper les dialogues interminables et ponctués de jeux de mots puérils.

Deux nuances de gris

Hatoful Boyfriend possède deux niveaux de lecture ou du moins de perception, que cela soit voulu ou non par les développeurs, établis lors de certains passages et certains dialogues. Difficile de ne pas y voir une grosse parodie, mâtinée d’une critique du genre, mais en même temps la trame est tenue et les situations “plausibles”. Etrange aussi d’avoir apporté des éléments incongrus (les immeubles détruits) sans aucune explication, à moins qu’il s’agisse de décors jamais utilisés pour un autre jeu et intégrés ici.

Ni Japonais apparemment…

Pour le joueur occidental moyen, il va être très difficile de s’immerger dans Hatoful Boyfriend, sauf peut-être par curiosité. C’est sûrement la volonté initiale qui a poussé Devolver à sortir cet Ovni sur le marché, car à l’image de Goat Simulator ou Surgeon Simulator, ce jeu est à réserver aux Oniomanes et aux amateurs de jeux de drague en manque de titres traduits en anglais et qui sortant du cadre.

Conclusion, soit ce jeu est une mauvaise blague, soit c’est une oeuvre d’art. Dans les deux cas, il est à réserver aux spécialistes ou collectionneurs.

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