Israel a déjà gagné la guerre du High-Tech

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Depuis la reprise des affrontements entre Israël et la Palestine au niveau de la bande de Gaza, beaucoup de médias se sont fait l’écho des changements qui se sont effectués chez les habitants des zones sensibles, dans leur vie quotidienne et depuis l’avénement des applications mobiles. Avec le programme “Dôme de Fer” et les différentes techniques de sécurité militaire développées dans le pays, la communauté internationale a semble-t’il découvert l’avancée du pays en matière de High-Tech. Une avancée qui date d’une quinzaine d’année, et qui est due à la forte concentration d’entreprises techniques dans la Silicon Valley locale.

La Silicon Wadi

Littéralement “Vallée de Silicone“, mais utilisant un mot arabe pour indiquer sa différence avec la Silicon Valley Californienne, la Silicon Wadi est la deuxième plus forte concentration géographique d’entreprises High-Tech du monde. Située sur la plaine côtière, juste au-dessus de la Bande de Gaza, cet endroit constitua le berceau idéal des entreprises d’électronique et de communication qui sont nées dans les années 60. La région de Tel-Aviv a vite attiré de plus en plus de sociétés spécialisées et techniques et d’IBM à Microsoft en passant par Motorola, Intel, Google ou Apple, on ne compte plus les grands groupes qui y possèdent une succursale. Imaginez une région comme la Picardie, 4 fois plus peuplée (8 millions d’habitants contre 2 millions actuellement1) et constellée d’entreprises High-Tech…C’est Israël maintenant.

La “Silicon Wadi” a acquis ce statut vers la fin des années 90, après la réussite du programme “Yozma”, qui offrait avantages fiscaux et bonus d’investissements aux sociétés étrangères qui s’y implantaient. Ainsi, le nombre de création d’entreprises à fonds privés a été multiplié par 8, tout comme les revenus engendrés par les sociétés de communications et de technologie, atteignant les 12.5 milliards de $ en 2000. Mais c’est le boom d’Internet et des entreprises en “.com” qui a réellement donné un statut particulier et définitif à la Silicon Wadi. Avec le succès d’ICQ, développé par Mirabilis, une société Israélienne, et son rachat par AOL pour 407 Millions de dollars, la création de starts-ups et sociétés spécialisées dans le logiciel s’est généralisée dans ce secteur, juste avant l’explosion de la bulle Internet. Encore aujour’hui, Israël est la terre promise pour les développeurs de logiciels qui y ont établi leur QG, que ce soit pour des applications mobiles ou des spywares militaires utilisés pour infiltrer les centrales nucléaires Iraniennes…

Un des techno-center de la Silicon Wadi

De “Yo” au “Dôme de Fer”

L’application “Yo” est une invention israelienne: Elle a trouvé une utilité pour les habitants de la zone proche des conflits; En suivant un compte général, les utilisateurs recçoivent une alerte dès que les bombardements reprennent. De même, l’application Tseva Adom installée sur près d’un demi-million de personnes3, signale avant les alertes la reprise des hostilités ballistiques. “Secure Spaces” est dans un autre genre, une application qui signale les abris les plus proches…Ce sont donc des développeurs civils qui se sont chargés d’améliorer la sécurité des utilisateurs, tandis que le Ministère de la Défense s’est lui penché sur le programme “Dôme de Fer“, un programme anti-missiles développé sur certaines villes comme Tsahal2, qui a permis de détruire de nombreuses roquettes tirées depuis la Bande de Gaza. En fait, cette avancée technologique certaine a donné un atout déterminant à Israël sur l’issue du conflit armé. Un avantage que n’aura jamais le camp adverse…

L’autre pays du logiciel

La principale force de la Silicon Wadi réside dans le traitement de faveur qui est accordé aux développeurs et ingénieurs. Cet environnement propice à la création a intéressé non seulement les grands groupes spécialisés dans le logiciel (SAP, Mercury, Microsoft, CA technologies…) mais également les petites structures, qui se sont concentrées dans les zones urbaines, notamment Tel-Aviv. Et ces start-ups, TPE ou PME sont à l’origine de bien des programmes qui sont utilisés tous les jours: Babylon, Checkpoint, ICQ, Incredimail ou certaines applications comme Viber ou Waze. Mais ce qui fait la force du marché du logiciel ne se situe pas dans les produits, mais dans l’écosystème: Les technologies et sociétés qui tirent parti des softwares sont très développées.

A tel point que les entreprises qui se sont spécialisées dans le revenu publicitaire engendré par l’installation de logiciels sont légion, entre développeurs de solutions et régies de monétisation. Il va sans dire que la plupart de ces sociétés sont à l’origine des adwares et des programmes non désirés qui s’installent si l’on passe par un downloader…De très nombreuses personnes contribuent indirectement donc à l’économie Israélienne en installant des logiciels, pourtant pas développés là-bas. Un marché publicitaire qui s’élève à presque 50 milliards de dollars, qui reste dominé par Google pour plus d’un tiers mais qui intéresse forcément toutes les petites régies qui ont largement de quoi se payer une petite part de gâteau.

 

1: Source Insee

2: Le Figaro

3: Ouest France via Israel Valley

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