Kaspersky banni des administrations américaines

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L’antivirus Kaspersky fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, depuis l’élection de Donald Trump en fait, pour ses hypothétiques connexions avec le gouvernement russe et les soupçons d’intelligence sur le territoire américain (ou mondial?) via ses logiciels installés dans les postes informatiques de l’administration. Si cela ne suffisait pas, le bureau fédéral vient de mettre une nouvelle pierre dans le jardin de l’éditeur en interdisant l’installation et l’utilisation des solutions de sécurité par les fonctionnaires.

Il n’y a plus grand chose à faire pour  apaiser le conflit entre Kaspersky et l’administration américaine. La décision du département de sécurité locale (DHS) d’arrêter l’utilisation des solutions de sécurité dans les bureaux fédéraux est un coup économique dur pour l’éditeur, mais aussi un message politique fort, qui fait écho aux déclarations et suspicions d’influence russe sur le gouvernement.

Toutes les agences ont 30 jours pour identifier les postes “compromis” par l’antivirus et 90 jours pour purger les systèmes, en attendant qu’une solution de protection permanente ne soit trouvée (il est peu probable que les institutions américaines demeurent sans protection antivirale). Pour sa part, Eugène Kaspersky a déclaré n’avoir jamais posé de backdoor dans ses logiciels et n’avoir aucun lien direct avec le gouvernement russe, ni les agences de renseignement. Il a d’ailleurs proposé de fournir le code source de ses logiciels pour prouver la véracité de ses affirmations.

Entre protectionnisme, message politique et paranoïa

Cette décision est avant tout politique, mais soulève bien des questions notamment chez nous où des éditeurs étrangers (Microsoft…) ont obtenu d’importants marchés grâce au gouvernement (dans l’éducation nationale par exemple, mais pas seulement), au détriment de solutions nationales ou européennes, parfois libres.

Si, ici, la suspicion d’espionnage entraîne un fort sentiment de méfiance, voire de défiance, envers le gouvernement Russe (d’ailleurs les médias comme RT ont été visés également), la situation pourrait empirer et provoquer une vague de répulsion massive de la marque sur le territoire américain et peut-être à l’échelle mondiale. Il est peu probable qu’un éditeur cherche délibérément à espionner les ordinateurs des particuliers, mais la collecte de données à des fins d’exploitation n’est pas à exclure (et cela concerne tous les éditeurs de logiciels propriétaires), même si hasardeuse commercialement et éthiquement parlant.

Cependant, cette décision pourrait aussi entraîner une vague de mesures protectionnistes, et le DHS pourrait très bien préconiser de n’utiliser que des logiciels de sécurité américains et/ou open-source dans les administrations. Le nombre d’éditeurs est suffisamment large (Norton, McAfee…) et le public pourrait être sensible à l’utilisation de logiciels Made in USA. En France, les discussions sur la conception d’un système d’exploitation souverain et d’un antivirus gratuit national n’ont pas aboutis sur autre chose que des échecs et il est peu probable qu’une transition dans ce sens s’opère durant le quinquennant actuel.

Mise à jour: La chaine de magasins Best Buy vient d’annoncer qu’elle ne vendra plus de logiciels Kaspersky. Il est possible que d’autres revendeurs dépendants ou indépendants de la chaine de distribution suivent cet exemple.

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