Les bloqueurs de pub vont avoir du boulot: Les adwares reviennent par la Chine!

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Cela faisait longtemps que l’on ne vous avait pas parlé des adware et pour cause: Google ayant décidé de siffler la fin de la récré, de nombreux sites et services ont décidé de se raisonner et de stopper la diffusion de logiciels via downloaders et autres systèmes d’encapsulation. Mais si l’on pensait que la situation n’allait que s’améliorer, c’était sans compter sur les barons du milieu, qui vont réussir à s’implanter directement dans les machines de grand constructeurs chinois.

Avant propos: Le pourquoi de l’accalmie

A l’heure où je vous parle, beaucoup de confrères et éditeurs de sites se posent la question de la publicité sur les sites, des bloqueurs de pub et de la responsabilité de chacun sur la vie et la mort des médias ayant adopté un modèle économique entièrement basé sur l’affichage d’encarts. D’autres déplorent l’inclusion de “partenaires” ou placements produits dans les vidéos des youtubeurs les plus “charismatiques”, qui oublient parfois de signaler le caractère promotionnel de leurs contenus, aussi drôles ou pertinents soient-ils.
Nous, nous avons choisi de nous offusquer devant une pratique scandaleuse et quasi aussi vieille que le téléchargement de shareware: L’inclusion d’adware dans les installeurs de logiciels.

Car la crise traversée actuellement par les médias est en partie due au dégoût des utilisateurs qui ont eu trop souvent maille à partir avec des navigateurs infectés par des programmes qui peuvent remplacer les publicités sur les sites, en ajouter, modifier les paramètres du système, envoyer des données personnelles à des sociétés commerciales ou transformer un smartphone en pourvoyeur de SMS et d’appels tarifés. La liste des méfaits déguisés de ces programmes est bien longue, et nous nous sommes tellement penché sur la question que nous étions prêt à replier les gaules suite à la défection des grands pourvoyeurs de saloperies publicitaires après s’être fait taper sur les doigts par Google.

Car oui, Google a pénalisé les sites diffusant des downloaders et logiciels encapsulés et les a rétrogradé dans les moteurs de recherche. Un coup dur pour de très nombreux “confrères” qui ont du se restructurer, parfois jusqu’à licencier 200 personnes, et cherchent encore à renouer avec une audience dorénavant méfiante et merci pour nous, de plus en plus encline à fuir les sites de téléchargement.

Vers un nouvel axe du mal

Autant dire que les sites de téléchargement de logiciels font maintenant très attention avec ce qu’ils diffusent: Les partenariats avec les régies poussant du downloader se sont pour la plupart arrêtés, et les sites pénalisés font amende honorable en diffusant du contenu propre, sérieux voire moralisateur sur la sécurité.

Mais alors, comment faire pour diffuser des freeware et shareware au plus grand nombre et au passage installer quelques adware bien cradingues? C’est simple, mais il faut avoir du répondant, en allant voir les constructeurs de PC et de smartphones!

En s’implantant en Chine, la licorne Ironsource est en passe de réaliser le rêve de tous diffuseur de publicités intra logicielle: Lier des partenariats directs avec les constructeurs et principaux acteurs du web locaux afin d’inonder le marché local et, indirectement, international. Après avoir flirté avec Tencen et Baidu, la firme israélienne a signé un contrat avec deux fabricants jusque ici inconnus afin qu’ils intègrent dans leurs produits, des PC sous Windows et des smartphones sous Android, une bibliothèque d’applications qui remplacerait respectivement le Windows Store et Google Play Store.

Cette solution technique a pour nom AppCloud et l’enjeu est de taille puisque c’est un marché potentiel de plusieurs millions d’utilisateurs rien que sur le territoire chinois, et qui peut s’étendre à l’Europe de l’Ouest et aux USA si des accords de distribution sont signés à l’international. D’ailleurs, avec l’explosion des boutiques généralistes chinoises type Gearbest, Alibaba ou Banggood, de plus en plus de clients éclairés s’équipent en chinandrophones ou tablettes sous Windows pour des questions de prix et de performances (mais certainement pas pour des questions de délais de livraison ou de garantie). Et de ce fait utilisent parfois des systèmes différents de ceux diffusés ici.

Des mystérieux constructeurs (ou presque)

Les accords entre Ironsource et les fabricants sont bien entendus confidentiels. Sauf qu’en cherchant bien, on peut déjà supposer que ce sont deux noms bien connus qui seraient concernés: Lenovo pour les PC et Huawei pour les smartphones.

Si le nom de Huawei est avancé par le site Sunningview , celui de Lenovo est moins évident. En effet, c’est en allant sur l’interface du store AppCloud et en installant un repack de test (rien n’est fonctionnel) que l’on s’aperçoit que les CGU mentionnent le constructeur. Pour rappel, Lenovo s’est déjà retrouvé au coeur de plusieurs affaires mettant en cause des logiciels pré-installés, dont le fameux Superfish qui a fait couler beaucoup d’encre numérique. Lenovo a depuis déclaré vouloir être totalement transparent et ne plus livrer de bloatware avec ses ordinateurs. Si les choses se concrétisent, il est probable qu’une nouvelle affaire éclate et vienne ternir la réputation du fabricant.

Notez au passage que Windows 10 bloque par défaut l’installation de ces applications repackées, cela veut donc dire que les OEM préinstallés sur les machines devront autoriser les programmes non reconnus, autant dire qu’il s’agit là d’une faille de sécurité qui risque de déplaire aux spécialistes mais grandement faciliter le travail des diffuseurs d’adware-si bien entendu tel est le cas, car il ne s’agit ici que de suppositions…

 

 

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