Présidentielle : Méfiez-vous des applications de sondages

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La campagne présidentielle bat son plein entre petites phrases, affaires, débats et bien sûr sondages. Pas un jour ne passe sans qu’un média ne publie un sondage sur les intentions de vote au premier tour ou  au deuxième tour avec des hypothèses diverses et aussi variées que les techniques de sondages utilisées. Les sondages sont partout : à la télévision, à la  radio, sur les réseaux sociaux et dans nos smartphones. Mais au regard du Brexit, de l’élection de Donald Trump et plus près de nous encore de la défaite d’Alain Juppé à la primaire LR, il semble logique de s’interroger sur leur fiabilité.

La fiabilité des « applications de sondage » est remise en question 

Elles s’appellent Multivote, Sondage Presidentielle Live  ou encore Pollette et sont censées nous aider à visualiser la côte de popularité des candidats. Elles se distinguent des instituts de sondages et permettent de recueillir l’opinion de milliers d’utilisateurs sur des sujets divers mais souffrent d’un terrible écueil : la représentativité.

Notons également que les résultats peuvent être facilement « faussés » en utilisant au choix ou de façon complémentaire, des VPN, plusieurs adresses mail ou un autre smartphone.

Néanmoins certaines telles que GOV peuvent se targuer d’avoir vu juste à la primaire de droite alors que les enquêtes des instituts donnaient Juppé grand vainqueur .

Quels sont les risques ?

Bien évidemment avec ces applications nous sommes encore loin des dangers des sondages classiques. Le fait qu’elles ne soient pas encore fait une véritable place dans la médiasphère politique induit qu’elles n’ont pas encore assez de voix, pas suffisamment de poids. De ce fait, contrairement aux sondages d’opinions dits classiques, elles ne sont pas [encore] instrumentalisées par les médias qui en cette période électorale en sont très friands. 

Néanmoins, les risques existent. Le  principal est que les électeurs qui les utilisent déterminent leurs choix de vote en fonction des rapports de forces entre les candidats.

Le second risque qui est certes plus improbable est que ces applications soient la cible de cyberattaques bien organisées faussant leurs résultats et au final l’opinion réelle.

Un phénomène similaire de détournement, d’instrumentalisation partisane aurait déjà eu lieu. Illustration : sur GOV, François Fillon jouit d’une bonne cote de popularité malgré ses ennuis judiciaires. Un décalage qui paraît énorme par rapport aux enquêtes d’opinion diffusées dans la presse classique.

Selon Bobby Demri, le fondateur de GOV, il y a quelques semaines 5000 personnes se revendiquant de droites se sont inscrites sur l’application. D’après lui, ces sympathisants « déterminés, convaincus et mobilisés » seraient à l’origine de la montée du candidat LR. In fine, les biais sont bel et bien là.

Vous l’aurez compris, l’influence de ces applications comme celle des sondages classiques n’est pas à négliger.  Malgré leurs écueils cette nouvelle génération d’outils  se revendiquant sans filtre ont au moins le mérite de nous donner un semblant de météo politique. 

 

Sources : GOV, l’appli big data qui donne Fillon président

Notre dossier sur la présidentielle 2017

 

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