Que faire en cas d’usurpation d’identité ?

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C’est l’histoire de Sylvain Briant, un cadre d’entreprise, qui du jour au lendemain s’est fait usurper son identité. Comment ? En répondant à une « fausse » offre d’emploi sur Internet. Une candidature envoyée, et une photocopie de carte d’identité plus tard, le voici victime d’une supercherie. Une supercherie qui a duré près de 5 ans, et qui a transformé sa vie en véritable cauchemar. Endettement, dépression, perte d’emploi, une descente aux enfers, dont Sylvain s’est finalement sorti après un long et douloureux combat, ponctué de paperasse et de plaintes en tout genre. Une histoire qui malheureusement est loin d’être unique, et pourrait bien nous arriver à tous. Alors quoi faire en cas d’usurpation d’identité ? Qu’est ce qui est considéré comme usurpation d’identité ? Nous vous disons tout dans cet article.

L’usurpation d’identité ou vol d’identité est un acte devenu courant depuis l’arrivée d’Internet dans nos vies. Que ce soit par le vol de papiers, le piratage d’une adresse mail ou celui d’une carte bancaire, le but est toujours le même : se faire passer pour une personne morale existante et faire toutes sortes de choses en son nom. L’usurpateur peut ainsi ouvrir un compte en banque, contracter des prêts, ou faire de nombreux achats en se faisant passer pour un autre. Et cela est d’autant plus facile quand l’usurpateur porte le même nom et prénom que sa victime, puisque dans ces cas-là, il peut demander un acte de naissance grâce à quelques informations communes. La victime ne se rend compte alors de rien, jusqu’au jour où elle est appelé par sa banque ou un autre organisme, qui lui demande de rendre des comptes sur ces actes.

1. Informer votre banque

Si la pilule est souvent difficile à avaler, il n’en reste pas moins qu’il faut se sortir de cette situation au plus vite. Ainsi, la première chose à faire en cas d’usurpation d’identité est d’informer sa banque. Le but étant que cette dernière annule votre carte bleue, et rejette toutes les dépenses qui ont été effectuées par le biais de celle-ci. Vous recevrez alors une nouvelle carte de crédit dans les jours à venir, et serez normalement remboursé.

banque

Prévenir sa banque a également un autre objectif, celui de surveiller les mouvements de vos comptes bancaires, et par conséquent les actes de votre usurpateur. Grâce à ces informations, ce dernier pourra être arrêté, plus ou moins rapidement, suivant l’endroit où il se trouve au moment de la fraude. Bien évidemment, si tout cela semble simple, les choses peuvent se compliquer si la personne porte le même nom et prénom que vous, et qu’elle possède la même date de naissance. Néanmoins, s’il est possible d’avoir un homonyme, il est en revanche impossible de détenir les mêmes données à 100% (prénom de sa femme, nombre d’enfants, ou encore lieu de vie). Et c’est bien ces informations-là qui vous seront utiles pour vous disculper.

2. Porter plainte

Si pour le vol de sa carte bancaire, le dépôt de plainte n’est pas obligatoire, mais dépend plutôt du bon vouloir de votre banque, ce dernier est en revanche nécessaire en cas d’usurpation d’identité à proprement parlé. En effet, outre le fait que la personne puisse effectuer des achats en votre nom, elle peut également vivre sous votre identité, et peut donc en ce sens louer un appartement, ou contracter un prêt sans le rembourser. Ainsi, le fait de porter plainte permet de se disculper de tous ses actes, d’être innocenté, et reconnu comme victime.

police

Pour cela, vous pouvez déposer plainte auprès de n’importe quel commissariat de police ou de gendarmerie. Vous pouvez également adresser directement votre plainte au Procureur de la République. Quelle que soit la méthode utilisée, il est recommandé de conserver une copie de votre plainte. Une fois cela fait, une enquête sera alors ouverte. Ensuite deux solutions : soit les gendarmes retrouvent la personne et envoie cette dernière devant le Tribunal pour y être jugée (et dans ce cas vous pouvez vous porter partie civile), ou la personne n’est jamais retrouvée et votre dossier est classé sans suite.

3. Vérifier que vous n’êtes pas fiché à la banque de France

Enfin, troisième et dernière chose à faire en cas d’usurpation d’identité, vérifiez que vous n’êtes pas fiché à la Banque de France. En effet, dans ce genre de situation l’usurpateur effectue un maximum d’opérations diverses et variées, sans jamais en payer aucune, ce qui amène la victime à se retrouver endettée sans même qu’elle le sache. Si malheureusement vous faites l’objet d’une inscription au Fichier central des chèques (FCC) ou au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) la tâche se complique. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous allez devoir vous justifier et apporter des preuves de la personne que vous prétendez être. Et cela n’est pas toujours chose facile. La paperasse n’en finit jamais, la réactivité des instances en charge du dossier laisse souvent à désirer, et les agissements de l’usurpateur ne sont pas toujours simples à démontrer. C’est pourquoi, si vous avez les moyens, l’aide d’un avocat est souvent recommandé.

Précaution à prendre pour ne pas se faire usurper son identité

Difficile de dire « si vous ne fait pas ça…vous n’aurez pas de problème » tout simplement parce que malgré toutes les précautions que l’on peut prendre, il est tout de même possible de se faire usurper son identité, notamment via des pirates qui sont de plus en plus expérimentés et inventifs quant aux méthodes de fraude utilisées. Néanmoins, dans ce genre de situation le bon sens peut vous éviter quelques ennuis. De ce fait, quand vous êtes au distributeur de billets, cachez toujours votre carte, votre code, et vérifiez que personne ne vous surveille. Sur Internet, n’enregistrez jamais vos données confidentielles sur les sites. Idem, ne répondez jamais aux emails qui vous demandent de reconfirmer votre identité et autres données bancaires, ces derniers sont des mails frauduleux qui se font souvent passer pour une grande institution. D’ailleurs, sachez qu’aucun organisme, que ce soit les Impôts, la CAF ou votre banque, ne vous demandera jamais ce type d’informations par mail (car ils les ont déjà), et que s’ils ont besoin de quelque chose, ils vous contacteront directement. Si vous avez malgré tout un doute, vérifiez l’URL du mail reçu ainsi que l’orthographe de ce dernier (s’il est bourré de fautes d’orthographe supprimez-le directement).

Enfin, si vous répondez à une offre d’emploi par Internet, dans un pays étranger par exemple, n’envoyez jamais de photocopie de votre carte d’identité sans l’avoir barrée, et avoir écrit dessus le nom de l’entreprise et la date d’envoi, sous peine de voir quelqu’un l’utiliser en votre nom.

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Comments (2)

  • Michel Répondre

    C’est drôle, on doit justifier auprès des organismes que on a pas fait cela, mais l’usurpateur lui, n’a pas besoin de justifier ses dépenses. C’est le monde à l’envers.

    24 juin 2016 à 21:37
  • Pierre BELLERT Répondre

    La justice !! , cela fait 5 ans que l’on a usurpé mon identité , en plus pour acheter 5 fusils pompes , c’est pas rien , des armes !! l’affaire est au tribunal de Bobigny qui est saturé et malgré mes relances toujours rien !! je ne sais pas si cela passera un jour !!

    24 juin 2016 à 09:11

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