Test de BlackGuards: A chacun son tour d’avoir de la chance

Publié le

Daedalic Entertainment est un éditeur plutôt habitué des jeux d’aventure en Point and Click. Après 3 ans de développement, il sort aujourd’hui BlackGuards, un RPG tactique qui prend place dans l’univers de l’Oeil Noir, un jeu de rôle papier, dont il reprend les règles. Ce n’est d’ailleurs pas la première incartade pour l’éditeur dans cet univers, déjà derrière les Chaînes de Satinav, également sous cette licence.
Blackguards est donc une nouveauté à plus d’un titre et peut-être la première pierre de la diversification pour Daedalic, après la série Deponia.

Un univers sombre, une équipe haute en couleur

L’histoire de Blackguards commence par la rencontre de notre protagoniste principal et d’une princesse, qui ressemble à un piège orchestré par une mystérieuses entité. En effet, la princesse en question se fait tranquillement boulotter par des loups et vous voilà, l’épée à la main, à essayer de repousser les bêtes pourtant repues. Un facheux concours de circonstance vous fait atterrir en prison, accusé à tort de princessicide. Heureusement, un compagnon de cellule aux doigts agiles et un autre prisonnier vont vite se joindre à vous pour vous évader des cachots peu accueillants où vous alliez finir vos jours…
Le décor est vite planté et vous aurez compris que dorénavant, votre fine équipe et vous auront la dure mission d’élucider ce meurtre et de rétablir votre réputation ternie.

Le début de l’aventure permet de se mettre très vite dans le bain, parfois un peu trop vite même: Les missions “éducatives” s’enchainent rapidement, sans aborder certains points importants comme les compétences ou les interactions avec le décor. Le tutorial est ainsi fait qu’il affiche des panneaux fixes durant les combats de mise en bouche, sans vraiment développer le gamesystem. C’est un peu dommage car on s’aperçoit vite que le jeu va demander beaucoup que de la dextérité…

Mais on comprend vite les mécaniques qui animent Blackguards: Chaque personnage agit à son tour et se déplace sur une zone de combat découpée en hexagones. Il pourra engager le combat, lancer des sorts, utiliser l’inventaire ou interagir avec son environnement. C’est d’ailleurs le gros point fort du gameplay, qui repose beaucoup sur le côté tactique de chaque tableau. Objets inflammables, zones marécageuses, obstacles, éléments destructibles…Parfois même le simple fait d’accomplir une action suffit à remporter la victoire. Rien n’indique la bonne stratégie à adopter et il faudra obligatoirement mettre en surbrillance les objets interactifs (touche v) en début de combat pour préparer ses actions.

Si l’interaction est une “feature” clé de Blackguards, il ne faudrait pas négliger pour autant le combat pur. Et c’est là que ça se gâte, car malgré des ajustements procédés durant l’accès anticipé, la chance occupe encore une trop grande place dans les affrontements. Il n’est pas rare de voir le mage Zurbaran échouer lamentablement au lancer d’un sort ou le nain Naurim rater un coup pourtant évaluée à 95% de réussite, même à un niveau d’aptitude élevé. D’un autre côté, les adversaires ne sont pas mieux lotis et les affrontements bien équilibrés. On ressent une légère frustration quand même, voire un peu de lassitude, quand s’enchaînent les ratages et les coups dans l’eau…

 

Entre le Hardcore et le Casual

On exagère un peu en annonçant cela, mais Blackguards souffre peut-être de cette dichotomie. Les fiches de personnages, qui sont montées avec des points de compétence chèrement acquis, se garnissent au fur et à mesure de l’aventure, avec moults détails. Nous l’avions déjà évoqué, mais le tutorial manque d’explication sur la répartition des points et l’intérêt de pousser certaines aptitudes. Les plus expérimentés sauront augmenter les bonnes statistiques ou débloquer les sorts et aptitudes adéquates, tandis que les néophytes devront peut-être recommencer une partie pour obtenir un personnage décent.
D’un autre côté, le trajet emprunté est linéaire, balisé par la quête principale à laquelle on ne pourra échapper que lors de quelques quêtes annexes qui serviront à amasser points d’expérience et butin juteux. La carte de départ se remplit vite de points, qui représentent les villes et les endroits où il sera possible de se reposer, acheter de l’équipement et s’entraîner. Car des professeurs permettront de développer rapidement les capacités des personnages, qui excelleront dans un domaine particulier quand le jeu touchera à sa fin.

 

Car l’aventure, découpée en actes, dure moins longtemps qu’un jeu de rôle classique. Il faut compter une trentaine d’heures pour terminer toutes les quêtes, en comptant les cartes recommencées plusieurs fois. Nous ne sommes pas arrivés au bout encore mais nous savons que le jeu gagne beaucoup à être rejoué, avec un autre personnage de départ et surtout en maitrisant mieux la répartition des points d’expérience…A condition d’être motivé.

Sorti en avance, mais pas totalement abouti

Fait plutôt rare dans le domaine du jeu vidéo, Blackguards est sorti en avance sur PC et a pu bénéficier des réactions de tous les testeurs de l’accès anticipé pour s’amélioré. Toutefois, ce sont souvent des problèmes techniques qui ont été corrigés, alors que certains points sont passés à l’as. Ainsi, les scènes intermédiaires sont de simples panneaux fixes avec une boite de dialogue qui donnent une vague impression d’interactivité et de liberté, alors que les choix différents mènent souvent au même résultat. Les graphismes sont simples et peu détaillés, mais ne sont pas au coeur de l’action. Idem pour l’animation des personnages, très sommaire, et la 3D qui n’est pas exploitée lors des combats. Les menus de jeu, inventaires et fiches de personnage sont appelés fréquemment et manquent un peu d’ergonomie. On change de personnage à l’aide de flèches et chaque onglet demande une sauvegarde après chaque modification. Il faut dire que le jeu est foisonnant d’options et le nombre de paramètres est proprement monstrueux, entre les aptitudes, le maniements des armes, les sorts et les statistiques de base…sans compter l’inventaire, qu’il faudra surveiller, une charge trop lourde pouvant pénaliser les déplacements de votre équipe.


Sans oublier que le jeu s’adresse aussi aux adeptes de la licence de l’Oeil Noir et qui répond à des règles strictes. On retrouve donc beaucoup de paramètres dans les descriptifs, comme les lancés de dés, des données qui passeront complétement au dessus de la tête de certains joueurs.

Conclusion

Blackguards est pour un coup d’essai, plutôt réussi mais destiné à des joueurs expérimentés. Le genre du RPG tactique n’est pas le plus apprécié dans l’hexagone et le jeu manque à intéresser les curieux qui aimeraient développer leur sens tactique. En revanche, si l’on a déjà goûté et apprécié les titres comme XCOM, Fallout Tactics et consorts, Blackguards fait partie des titres à essayer pour sa richesse et la granularité des statistiques des personnages. En plus de cela, chaque victoire est plutôt satisfaisante, car au lieu des sempiternels tableaux très faciles à battre, c’est vraiment la stratégie et l’intelligence qui détermineront la destinée de votre équipe.



     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres articles sur le même sujet