Whatsapp, Telegram et Cie dans le collimateur de la Comission Européenne

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Les services de messagerie instantanée comme Whatsapp, Viber et Skype appelés également services Over The Top (OTT) sont dans le collimateur de la commission européenne. Ces applications  sont depuis des mois au cœur du débat public à cause de leur politique en matière de vie privée, de potection et d’utilisation des données.  Certaines sont malgré elles des canaux de communications privilégiés par des criminels parce qu’elles proposent un chiffrement ultra performant des échanges interpersonnels. Whatsapp a par exemple été bloqué à maintes reprises au Brésil et Télégram a été cité plusieurs fois dans des communiqués officiels d’organisations terroristes. Néanmoins ce n’est pas la seule raison pour laquelle Bruxelles cible ces services.

Les OTT bientôt encadrés comme les opérateurs classiques ?

Ces services sont des concurrents pour les opérateurs classiques qui se plaignent de la différence de traitement en matière de réglementation. Ces derniers jugent d’ailleurs ce cadre plus contraignant que celui imposé aux OTT.

La Commission Européenne envisage-t-elle d’assouplir cette réglementation ou de créer un cadre spécifique aux services comme Whatsapp ? Selon son porte-parole Christian Wigand, il faudrait « adapter » le cadre, « créer des règles du jeu équitable » pour tous. 

S’il s’agit d’équité alors Télégram et consorts seraient soumis aux mêmes obligations que Orange par exemple : bye bye les exceptions fiscales et surtout bonjour la coopération avec la justice pour des affaires sensibles (terrorisme, trafic de drogue, banditisme). Orange rappelle d’ailleurs que ces services de messagerie instantanée peuvent “exploiter commercialement les données de localisation et de trafic collectées”.

Bruxelles travaille également sur la refonte d’une directive sur la protection des données dans le secteur des communications électronique. Cette directive date de 2009, entre temps, les OTT se sont développés pour offrir à leurs utilisateurs des alternatives originales et innovantes aux moyens de communication dits traditionnels. La législation a donc un train de retard.

Selon un document officiel de la Commission Européenne qui a fuité le week-end dernier les premières ébauches du « Paquet télécom » de Bruxelles seront annoncées en septembre prochain.

Et les utilisateurs dans tout ça ?

Les nouveaux géants de l’internet ne semblent pas prêts à se plier aux nouvelles exigences de Bruxelles qui mettraient selon eux en péril la sécurité des données utilisateurs. Rappelons que la CNIL est plutôt favorable au chiffrement et qu’elle s’attache à la protection des données des utilisateurs.  Les discussions s’annoncent donc très tendues entre les différentes parties. Les OTT se montreront sûrement plus avenants envers leurs utilisateurs et plus transparents dans les prochains mois quand le débat se fera plus intense pour les rassurer.

Reuters

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