Cambridge Analytica : Facebook plus suspecté que jamais

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Cela fait pourtant plusieurs mois que l’affaire a été traitée, et que Cambridge Analytica annonçait fermer ses portes. Malgré tout, le DOJ, le FBI et la SEC, trois agences fédérales des Etats-Unis, ont décidé de mener une enquête dédiée au géant aux plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs. 

Facebook, témoin de l’enquête Cambridge Analytica

L’enquête qui concernait la fuite de plus de 87 millions de données d’utilisateurs Facebook n’accusait pourtant pas directement le réseau social. L’entreprise visée, c’est Cambridge Analytica, une société d’analyse de données liée à la campagne électorale de Donald Trump aux présidentielles 2016. 

Cette entreprise était accusée d’avoir acheté les données de 87 millions d’utilisateurs Facebook récupérées grâce à une application de quizz proposée par un professeur en psychologie, le docteur Kogan. 

Jusqu’à récemment, cette enquête ne portait que sur cette seule société d’analyse de données, Mark Zuckerberg venant clarifier les relations entre Cambridge Analytica, le professeur Kogan et Facebook

Tous contre le géant aux 2,2 milliards d’utilisateurs

Le PDG a en effet passé de mauvais moments, puisqu’il a été interrogé plusieurs fois dans les derniers mois sur son utilisation des données, aux Etats-Unis mais aussi en Europe, le Parlement européen l’ayant invité à rassurer les citoyens de l’Union.

Condamné en Allemagne pour avoir recueilli des données de façon illégale en février 2018, il faut dire que la société a entre le mains un pouvoir écrasant : celui de collecter les données de 2,2 milliards d’utilisateurs qui parlent de leur vie privée, de leur vie professionnelle, de leurs ressentis, mais aussi qui consomment sur cette plateforme, qui discutent sur le chat intégré, qui s’organisent grâce aux créations d’événements, etc. 

Il faut dire que les membres du Parlement n’ont pas été tendres avec le jeune patron, l’accusant d’être responsable de la fuite des données des utilisateurs, lui parlant d’éthique et de valeurs, etc. Le député allemand Manfred Weber s’est même permis cette remarque : “Je crois qu’il est temps de discuter de la fin du monopole de Facebook, parce que cela fait trop de pouvoir dans une seule main”.

Les fédéraux se concentrent sur Facebook

Au tour des agences fédérales d’enquêter plus sérieusement sur le géant, et cette fois-ci, sans se cacher derrière l’affaire Cambridge Analytica pour chercher un moyen de condamner la plateforme. 

L’enquête regroupe également le SEC, la commission de réglementation et de contrôle des marchés financiers, la Federal Trade Commission, la commission fédérale du commerce, et le ministère de la justice américain. 

Selon le Washington Post, leur enquête commune sur l’affaire Cambridge Analytica les aurait conduite à se concentrer sur les déclarations et les actes de Facebook. Les enquêteurs se concentreraient sur les informations que Facebook savait, il y a trois ans, et sur ce qu’il a préféré cacher. 

L’entreprise avait en effet découvert, en 2015, que Cambridge Analytica avait récolté des données de ses utilisateurs pour créer des profils d’électeurs lors de la campagne Trump. Et pourtant, la société a préféré attendre le mois de mars pour révéler cette information. 

Facebook, de son côté, confirme avoir répondu aux questions de ces agences tout en réaffirmant sa coopération dans les enquêtes qui les concernent indirectement ou directement.

Le FTC vérifie que Facebook a respecté le décret concernant les pratiques de confidentialité. Selon le Washington post, les autres enquêteurs seraient particulièrement attentifs aux données que Facebook a collecté et autorisé à collecter via son réseau, mais aussi à ce que l’entreprise a déclaré lors des audiences de Mark Zuckerberg récemment.

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