Le conflit israélo-palestinien en jeux vidéo: Une vieille histoire

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Après que Google ait pris la décision de retirer Bomb Gaza ainsi que d’autres titres incitant à la haine entre les peuples, un débat s’est ouvert sur le rôle des différents acteurs publics et leur position sur le conflit israélo-palestinien. Si Google a jugé que ces applications n’avaient pas leur place sur le Play Store, c’est bien évidemment pour leur thématique offensante et la provocation initiée par les créateurs. Pourtant, cette affaire n’est pas la première à mélanger jeux vidéo et politique guerrière.

La culture vidéoludique a droit à son lot de titres provocateurs, amoraux, politiques ou engagés. Des développeurs extrêmistes se sont évidemment complu à créer des jeux nazi, racistes ou pire encore. Généralement distribués sur des sites communautaires ou entre membres de clubs fermés, ces jeux n’ont aucune chance d’atterrir sur les étalages des magasins et fort heureusement ne sont pas destinés à l’être.

Le moins polémique Gaza Hero, mais qui reste très engagé

La provocation en temps de guerre a un tout autre but: Celle de démoraliser l’adversaire. Dans le cas du conflit Israélo-Palestinien, la guerre psychologique qui se déroule sur les terrains de jeux virtuels n’a jamais eu l’occasion de se développer. Il faut dire que la Palestine ne possède pas la force technologique de son voisin et que l’on compte plus de titres anti-impérialisme américain qu’anti-Israél. De l’autre côté, on ne dénombre aucun jeu provocateur ou ayant pour “cible” le Hamas. Jusqu’à maintenant.

Car la facilité avec laquelle il est possible de distribuer un jeu est sans conteste, surtout sur les plateformes gratuites. Les jeux commerciaux n’ont en effet pas rencontré leur public et avec des sujets aussi sensibles-et un marché restreint-il est difficile d’engager de nombreux acheteurs.

C’est pour cette raison que l’on retrouve facilement sur la toile ces titres engagés, souvent mal réalisés et véhiculant un message tendancieux, sur fond de religion. Du côté Palestinien, l’un des rares représentant se nomme Undersiege, sous-titré Under Ash 2, la suite d’un jeu ayant déjà défrayé la chronique à son époque. Même si aucun acte terroriste n’est montré et si le fait de tuer un civil met fin à la mission, le contexte tendu (la deuxième Intifada) et le fait de pouvoir incarner un enfant armé d’une fronde contre un char ne laisse aucun doute sur la vocation du titre.

De l’autre côté, les quelques titres commerciaux n’ont jamais délivré de message provocateur et les titres gratuits sont restés sous les radars. Mais le Play Store a depuis été bien investi par les créations indépendantes et ne respectant pas les règles établies par Google. On connaît Bomb Gaza, mais aussi Whack Hamas ou Gaza Assault, qui ont été retirés manu militari. A signaler que ces titres sont devenus introuvables et que certains webmasters n’hésitent pas à monnayer leur téléchargement, s’il s’agit bien de ces jeux.

Pire que le développeur de Bomb Gaza, ceux qui exploitent son téléchargement.

En revanche, ont été conservés des titres prônant la défense, comme Irom Dome, qui met en scène le système anti-roquette Israélien, ou Gaza Defender, qui est plus rudimentaire. Et le limite Gaza Hero (qui propose de transformer les israéliens en bonbons ou médicaments) est tellement abstrait qu’il devrait rester encore longtemps. En revanche, rien ne dit que les market place ne vont pas se transformer en tribunes vidéoludiques par les deux parties, le comité de surveillance ne pouvant décemment pas lutter contre le nombre.

Pourtant, un titre et un seul a pour but de promouvoir la paix. Le Serious Game Peacemaker sorti en 2010 nous permet d’incarner les deux leaders opposés, avec pour seul objectif d’arriver à la paix malgré les incidents et les problèmes diplomatiques. Loin des RTS bourrins habituels, ce jeu tout en finesse explique que l’affrontement armé et la riposte à outrance n’aura que pour seul effet la défaire du jeu. En revanche, une attitude progressiste et pacifiste permettra d’afficher la seule fin valable, celle que l’on attend tous, la Paix entre les deux états. Un jeu peut-être idéaliste et un rien candide mais qui reste unique dans son genre et qui pourrait même servir à éduquer les foules. Malheureusement, l’heure où un jeu vidéo parviendra à régler un conflit armé n’est pas encore arrivée…

Un jeu de stratégie, simulation geopolitique et promoteur de la paix

 

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